dimanche 15 octobre 2017

Le papillon et l'enfant


Le papillon est magnifique. Il sait que tu l’as voulu ainsi, avec de grandes ailes pour qu’il puisse s’envoler loin, très loin, et de couleur rose et bleu, pour que tu puisses le reconnaître parmi tous les papillons, toi seule.
Je te revois assise à la table de la cuisine, les crayons éparpillés sur la nappe, et toi tellement appliquée avec ton petit bout de langue qui dépassait …
Le papillon prend forme sur le papier. Il te parle et tu lui demandes s’il aime ses jolies ailes pour qu’il puisse voler loin, tu lui souris et lui susurre qu’il faudra qu’il revienne pour te raconter ses voyages, parce que toi, tu ne peux pas partir comme lui, tu n’as pas d’ailes. Tu aimerais bien l’accompagner pourtant pour voir d’en haut comment c’est.
Je suis là, assise, et la fenêtre est ouverte. Il arrive, ce papillon rose et bleu, créé il y a bien longtemps. Il se pose sur ma main.
Je le regarde et regarde l’enfant que j’étais et je souris à la petite fille qui rêvait au papillon qui volerait loin et qui reviendrait un jour lui raconter ses voyages.
« Bonjour toi ! alors c’était bien depuis le temps que tu es parti ? tu as bien voyagé ? tu en as mis du temps pour venir me raconter ! »

dimanche 8 octobre 2017

Max et Pilou

C’est la fête chez Pilou ce week-end. Elle ramène Max à la maison.
Papa et maman se sont inquiétés :
- Il ne va pas salir au moins ?
Éclats de rire de Pilou.
- T’inquiète pas !
- Tu vas t’en occuper hein Pilou ?
- Mais oui et puis je l’emmènerai avec moi partout !
Papa et maman haussent les sourcils :
- L’emmener ?
- Ben oui, faire les courses et patati patata.
Maman interroge papa :
- C’est qui Max ?
Papa hausse les épaules :
- On verra bien !
Vendredi soir, Pilou toute fière tend Max à son papa :
- Tu lui dis bonjour ?
Papa est rassuré, Max la mascotte de la classe est une peluche bien sympathique.
- Allez viens Max !
Papa a compris que Max allait vivre avec eux et participer à la vie de la famille : déjeuner à table, prise en photo, faire les courses. Max, il ne faut pas qu’il s’ennuie, hein ?

- Il en prend de la place ce Max !
Pilou, assise dans sa chambre sur son lit, lève la tête.
- Qui a parlé ?
- Moi.
Pilou se retourne et cherche papa ou maman. Personne. Pilou est grande, elle a trois ans et demie quand même, elle ne va pas faire la trouillarde et puis si elle se fait disputer... Alors, elle répète :
- Qui parle ?
Une tête bien connue de la petite fille apparaît :

- Moi !
Pilou n’en croit pas ses yeux, Rufus, son Rufus, son doudou adoré, parle !
- Mais… tu parles ?
Le loup doudou à la tête toute fripée la regarde de ses yeux plein de larmes.
- Mais… tu pleures ?
Pilou est toute triste. D’habitude, c’est lui qui la console, c’est lui qui la rassure, c’est lui qui lui fait le petit bruit familier à ses oreilles qu’elle seule entend. Elle n’ose pas appeler ses parents.
- Tu ne m’aimes plus !
Pilou ne comprend pas.
- Si je t’aime fort fort fort. Pilou prend alors Rufus dans ses bras, le cajole, lui chatouille ses oreilles, il en ronronne de plaisir. Si, un loup ça ronronne, surtout un loup comme Rufus.

- Et moi ?
Allons bon, encore quelqu’un qui parle ? Pilou regarde son loup qui hausse les épaules :
- C’est lui !
Lui, c’est Max.
- Tu sais Max, dit Pilou, Rufus, c’est mon doudou. Toi, tu es la mascotte de la classe, je dois te garder pour pas que tu sois tout seul à l’école, mais …
- Pas de problème, on peut jouer à trois.
- Tu es d’accord Rufus ?

jeudi 5 octobre 2017

Sur la plage, abandonnée...

Cabane abandonnée
Par les vacanciers…
Seules, les herbes folles
Mènent la farandole
Avec le sable qui s’envole.

Quel dommage !
Je suis seule et sage…
Personne sur la plage
Seul gronde un ciel d’orage !

Plus de cris de joie,
Plus de rires aux éclats,
Plus de ballons qui roulent,
Seul le bruit de la houle …

Sur la plage, abandonnée…


dimanche 1 octobre 2017

Octobre, le sobre !

Quand tu arrives Octobre,
L’automne a déjà enfilé sa robe.
Alors prends ton temps !
Car tu annonces celui des mois suivants.

S’il-te-plait, encore un peu de soleil
Pour ne pas craindre le brutal réveil !
Car si tu n’as pas de manteau,
Tu devras t’en trouver un bientôt !

Si tu nous entoures de brumes,
Bonjour les rhumes !
Si tu es en bruine,
L’hiver est en ruine !


Octobre fête les grands-pères !
Et on l’espère,
À sa fin dans la cuve sera le raisin !
Alors Halloween ne sera pas loin
Gare aux sorcières en brodequins !

mercredi 27 septembre 2017

Lulu et la cueillette des champignons

Quand Lulu ouvre le yeux ce matin-là, il est tout excité.
C’est aujourd’hui qu’il va faire la cueillette des champignons avec son grand-père. Au début, Lulu croyait qu’il allait ramasser des pommes, parce qu’il avait bien regardé son livre Gaston le hérisson, il le connaissait par cœur ce livre, c’était son préféré, et Gaston avait un panier plein de pommes.
Mais Papy avait décrété que c’était la saison des cèpes et qu’il fallait réapprovisionner la réserve de Mamy. Lulu n’y connait rien en champignons encore moins en cèpes mais fort de son savoir grâce à Gaston, il est plein d’espoir pour remplir son panier presqu’aussi grand que lui.
Après un solide petit déjeuner (lait au chocolat et deux tartines de confiture), Papy a dit qu’il fallait prendre des forces parce qu’il allait beaucoup marcher, il met ses bottes, son bonnet sur la tête, son manteau à capuche parce qu’il fait frais dans la forêt (il en sait des choses Papy), il donne la main à son grand-père, un bisou à sa grand-mère et tout guilleret il attend le top départ, il est prêt.

C’est le silence dans les bois qui l’impressionne tout d’abord. Bien sûr, de temps en temps il entend un oiseau qui chante. En plus Papy donne le nom de l’oiseau. Impressionné, Lulu ne pipe mot. Comment il peut savoir Papy que c’est le rougequeue noir qui émet ce chant ? Il lui a demandé ses papiers ?  Il en reste baba Lulu. Et le parfum, il respire à pleins poumons Lulu, ça sent bon dans la forêt !
- Tu as perdu ta langue ?
Lulu sursaute pris en flagrant délit de rêvasseries. Son grand-père le regarde en souriant. Il tient un bâton à la main, et délicatement il soulève les feuilles et le miracle surgit devant les yeux ébahis de son petit-fils.
- Regarde !
Lulu aperçoit un chapeau de couleur marron clair. Il demande :
- C’est quoi ?
- Un champignon pardi ! Eh Lulu réveille-toi, on est là pourquoi ? Tiens donne-moi le panier et regarde bien comment je vais faire pour le ramasser.
Lulu regarde son papy qui sort son couteau de sa poche et coupe la queue du champignon délicatement, l’époussette avec son mouchoir et le range au fond du panier.
- Le premier d’une grande cueillette j’espère ! se réjouit Papy.
Lulu ne dit rien. Il regarde le champignon et essaie désespérément de se rappeler si Gaston le Hérisson en avait trouvé de pareils, mais il a beau chercher dans sa mémoire, ils n’étaient pas de cette couleur, ils étaient rouges à pois blancs et bien plus grands que celui-là. Le voilà bien ! Et si son grand-père se trompait. Malheur ! Lulu a entendu des choses horribles sur les champignons venimeux qui peuvent faire mourir, c’est comme les vipères c’est dangereux, mais il n’ose pas le dire à son papy qui sait tellement de choses, il va le vexer c’est sûr ! Il reste planté Lulu, et ses yeux se remplissent de larmes.
Son grand-père ne se rend compte de rien, il avance doucement et petit à petit son panier se remplit. On dirait qu’ils poussent devant lui. Lulu n’en revient pas, c’est la catastrophe. Et sa grand-mère qui va en faire des conserves, on va tous mourir c’est sûr ! Lulu sent déjà son ventre se serrer. Pourtant il ne l’a pas touché, non, car il sait aussi qu’on peut devenir tout bleu si on est empoisonné. Il court après son papy et essaie de regarder ses mains. Il a l’air en pleine forme et il siffle en plus, fier de lui.
- Ecoute Lulu, la fauvette ! oh regarde, un rouge-gorge, ne fais pas de bruit !
Lulu ne comprend pas comment son grand-père qui reconnaît tous les oiseaux, ne sait pas qu’il est train de ramasser des champignons empoisonnés.
Lulu réfléchit et il a trouvé : il va détourner l’attention de son papy, et il renversera le panier. Il va se faire disputer mais tant pis, c’est toujours mieux que de tous mourir !
- Dis Papy, comment tu sais tous les noms des oiseaux ?
- J’ai appris avec mon papa quand j’étais petit ! Comme toi, je le suivais dans les bois… mais fais attention Lulu, tu vas renverser le panier. Quel maladroit ! Son grand-père se baissa pour ramasser les champignons, mais Lulu plus rapide que lui, donna un coup de pied dedans et pire, se mit à écraser les belles têtes à la couleur marron clair !
- Sacrebleu ! tonna son grand-père, il devint rouge de colère. Il attrapa le bras de son petit-fils pour le retenir.
- Je ne veux pas que tu meures, criait Lulu. De grosses larmes à présent coulaient sur ses joues et les bras ballants, il restait devant son papy qui le regardait d’un air furieux. Toute la récolte était fichue, c’était malin, lui qui se vantait toujours devant ses copains de connaître les meilleurs endroits, il allait rentrer les mains vides. Mais le cri de son petit-fils et ses larmes qui n’arrêtaient pas de couler l'interpelèrent :
- Viens ici Lulu, viens t’asseoir sur mes genoux, et raconte-moi. Lulu s’approcha de son papy qui faisait de la place sur une souche d’arbre.
- C’est dans mon livre … hoquetait le petit garçon.
- Qu’est-ce qu’il y a dans ton livre ?
- C’est Gaston…
Papy était perdu. Qui était Gaston ?
- Tu sais bien Gaston le hérisson, reprenait Lulu
- Ah oui ! Il fit celui qui comprenait, il ne voulait pas passer pour un nul aux yeux de son petit-fils.
- Ben, ses champignons sont rouges à pois blanc et plus grands que les tiens. Toi, c’est des venimeux.
- Vénéneux Lulu, on dit vénéneux
- C’est pareil ! toi, tu vas empoisonner Mamy et papa maman, et toi, et moi je ne veux pas qu’on meure tous et qu’on devienne tout bleu … et Lulu se remit à pleurer plus fort.
Papy se retint de rire. Ah il aurait dû savoir que Lulu allait se documenter avant de venir avec lui mais avec ses livres à lui !
- Bon. Je te remercie Lulu de m’avoir évité de passer l’arme à gauche. Il faudra quand même que tu me fasses rencontrer ton Gaston.
- Vrai, tu n’es pas fâché ?  Lulu reprenait du poil de la bête, il redressait la tête. Je ne savais pas comment te le dire, toi qui sais tout Papy, quand même, t’allais faire une grosse bêtise, heureusement que j’étais là. Tu as rudement bien fait de m’emmener, hein ? Ah et Gaston ? ben tu ne peux pas le rencontrer, c’est dans mon livre. Tu sais pas tout en fait, Papy, mais c’est pas grave, je vais t’apprendre.

- Dis Papy, ça veut dire quoi, passer l’arme à gauche ?


vendredi 15 septembre 2017

Il faut toujours viser la lune

Il faut toujours viser la lune
Car même en cas d’échec
On atterrit dans les étoiles
(Oscar WILDE)

Jules, comme chaque soir après l’école, lunettes sur le nez regardait l’immeuble d’en face. Il réfléchissait. Comment faire pour qu’elle le remarque.
Elle, c’est Clémentine, la petite brune avec ses couettes qui volent dans tous les sens et qui lui met le cœur à l’envers.

- Tu veux que je t’aide ?
Jules sursauta. Il était seul dans sa chambre.
- C’est moi qui te parle.
- Qui ?
- Moi la lune, là dans le ciel, devant toi. Je suis pourtant pleine ce soir, tu n’arrêtes pas de me regarder !
- Heu non ! je regardais l’imm…
- Ta ta ta, c’est moi que tu regardais.
Jules gronda :
- Je te dis que non ! Je regarde la fenêtre de Clémentine.
- Pfft… de toute façon tu ne l’intéresses pas !
- Comment tu le sais d’abord ?
- Trop petit !
- Pas vrai ! regarde, je peux presque te toucher.
Debout sur le rebord, il levait les bras pour toucher la belle boule jaune, il vacillait.

- Attention Jules, tu vas tomber !
Une petite brunette affolée, faisait des grands gestes à la fenêtre d’en face.

Jules se rattrapa de justesse et maugréa :
- J’ai l’air malin !
- Il n’empêche qu’elle t’a repéré. Tu pourrais me remercier, et la prochaine fois que tu ne sais pas comment faire pense à viser la lune ….


Jules sourit, des étoiles plein les yeux. Clémentine ouvrait elle aussi sa fenêtre, elle était vraiment trop belle avec ses couettes….

Rendez-vous


Je remercie l'Atelier SIPLUME pour ses idées d'écriture.

Soleil traversant
Sa robe
Et elle le sait.
(Robert GRAY)

Comme chaque soir, elle le retrouve.
Le soleil traversant sa robe et elle le sait.
Elle danse avec lui, il danse avec elle.
Elle lui tend les bras, il l’enveloppe de ses rayons.

Le soleil traversant sa robe et elle le sait.
Tel un papillon qui prend son envol 
Au risque de se brûler les ailes,
Elle se rapproche de lui et sa robe s’ouvre en corolle.

Le soleil traversant sa robe et elle le sait.
Comme chaque soir, ils ne font plus qu’un !



jeudi 14 septembre 2017

Oh les jolis crayons !

Oh ! des crayons
Pour faire des dessins c’est mignon,
Et écrire des mots en chanson !

Et ron et ron petit patapon
Des crayons pour faire des ronds,
En bois pourquoi pas ?
C’est sympa !
Gomme au bout,
Pour les p’tits bouts !

Air de vacances
Ils portent chance !
Les coquillages collés
Ramenés de l’été.

Plus chic
Nœud papillon au col
Mais le hic,
C’est pour l’école !


lundi 4 septembre 2017

Hey Oh ! Hey Oh ! On repart au boulot


Hey oh ! Hey Oh !
On repart au boulot !

Avec un nouveau sac à dos
Des habits tout beaux.
Les petits ont le cœur gros
Les grands arrivent en moto.
Ce n’est pas du mélo !

Idées nouvelles plein la tête,
Reprendre la bicyclette,
Ne pas rester sur la banquette,
On n’est pas des mauviettes !
Faire du sport ça se fête !

C’est la rentrée,
Au-revoir l’été.
Oui, ce n’est pas gagné
Mais on a toute l’année.


dimanche 3 septembre 2017

La maison de vacances


J’adore les vacances ! Je n’ai pas à me plaindre, moi je vis toute l’année, un peu au ralenti c’est vrai quand ils ne sont que tous les deux, mais moi au moins je vis.

Ce n’est pas comme certaines de mes copines qui restent fermées dix mois par an et vivent à fond pendant les deux mois d’été. Franchement, je les plains. Volets fermés, poussière qui s’invite et s’infiltre partout tellement qu’elles ne respirent plus les pauvres ! Les pires sont celles en bord de mer : pas de soleil, pas de bruit de vagues même si elles tendent l’oreille et celles qui ont déjà pas mal d’années dans leur pierre, je ne vous dis pas comme ça craque quand les volets claquent et que des cris se mettent à résonner partout. Ah, elles se rebiffent les copines et font bien comprendre qu’elles méritent un peu de respect par une tuyauterie qui crache ou une fenêtre qui grince ou qui se bloque à l’ouverture. Et l’odeur ! ça, elles ne se privent pas de leur en envoyer plein le nez. Leur copain Monsieur le Renfermé, il est partout et accepte de disparaître qu’après bien des courants d’air qui le font éternuer d’ailleurs, mais c’est une autre histoire.

Non, moi ça va, je vis. Réveil au chant du coq, je suis à la campagne.
Mon jardin, c’est Lui qui s’en occupe : fleurs, légumes, arbres, ça coupe, ça sème, ça bêche !
Elle, c’est la cuisine. Mes murs embaument toute l’année. J’adore ! L’hiver, plats mijotés ; l’été, confitures, ratatouille. Ah je respire moi, à pleins poumons, quand Elle m’aère, quand Elle m’aspire ou qu’Elle m’époussette. Mes murs résonnent de musique, de chansons. Je suis au courant de tout ce qui se passe, Lui est fan d’internet. D’ailleurs ça me fait un peu peur ce truc, car à cause de lui j’ai toujours peur qu’Il m’abandonne. Je sais bien qu’ils m’aiment, depuis le temps, mais j’en ai vu plein de mes copines qui se sont retrouvées vidées et réaménagées complètement différemment et en un temps record en plus. Mon ami, le château, lui c’est pire : trop grand et trop difficile à chauffer, il a été transformé et on paie pour venir chez lui. Ah il est fier le bougre. « Chambre d’hôtes et table d’hôtes » qu’il faut l’appeler maintenant. Tu parles ! il est toujours le même, mon ami, avec sa porte qui grince et sa troisième marche qui craque ! Personne n’a réussi à réparer, nous en avons toujours bien rigolé !

Je n’ai pas été transformée moi, quelques travaux par ci par là : mes peintures à neuf, mes volets électriques. Ah, la cabane d’à côté, elle n’en est pas encore revenue quand tous mes volets se sont ouverts d’un seul coup en même temps. J’ai même cru qu’elle allait en perdre sa porte déjà mal en point. C’est vrai que le matin, c’était un jeu entre nous : la première qui avait tous ses volets ouverts. Je perdais régulièrement, elle n’en a que deux, moi avec toutes mes portes fenêtres, j’arrivais bonne dernière. Alors le jour où tout s‘est ouvert en même temps, elle m’a fait la tête pendant deux jours et a gardé ses volets fermés.

Moi je vis ! Quand les enfants arrivent, alors là, branle-bas de combat. Au moins une semaine avant, conciliabules entre Lui et Elle, pour pouvoir accueillir tout ce petit monde. Elle chante, Elle rouspète aussi, et Lui, il maugrée dans sa barbe et c’est là, que j’ai peur ! je sais bien que je suis un peu trop petite, alors j’essaie de m’étirer au maximum pour que tout le monde puisse s’installer. Elle arrive toujours à caser un petit par ici, et une petite par là.
La nuit, ma charpente en craque tellement je fais tout ce que je peux pour être une grande. Mais j’ai peur !
Il faut que je me renseigne auprès de mes copains Le Bungalow et le Mobil Home. Ce serait une bonne idée de les inviter. J’aurais de la place en plus.

Jamais je ne pourrais partager mes arbres avec quelqu’un d’autre qu’Elle. D’ailleurs, ils font les beaux mes arbres. Elle est toujours en admiration devant eux, surtout depuis qu’ils abritent palombes et écureuils.
Ah et mon ciel ! Oui je sais, ce n’est pas mon ciel à moi, mais j’en suis amoureuse, et pas lui. Il appartient à tout le monde qu’il dit, il veut bien partager et me donner « Un petit bout de ciel mais c’est tout ! » Il ne comprend pas que je l’aime quand il est dégagé et que je vois loin, pas quand j’en vois qu’un petit bout. Elle aussi, je crois qu’Elle l’aime. Le soir, avec Lui et les petits, ils s’allongent et le regarde. Là, ce chenapan, fait son beau, avec ses étoiles qui filent…

Je ne suis qu’une maison, avec un toit, une porte et des fenêtres. Pourtant j’ai une âme. Entendez-vous mon cœur battre ?



vendredi 1 septembre 2017

C'est en septembre...


C’est en septembre…

Que c’est la rentrée
La machine est relancée.

Que la nature s’habille de couleurs
C’est pour les yeux le bonheur !

Que les pommes fruits d’automne
Exhalent leur arôme !

Que dans les vignobles le raisin
Fait le malin !

Que Les vaches et les biquettes
Vont retrouver leur fermette.
Que le cerf va bramer
Appel de sa bien-aimée.

S oirée plus courte
E ncore du soleil !
P luie
T out en couleurs
E ncore du soleil
M ais oui !
B rume matinale
R rrr il fait frais 
E ncore du soleil !

C’est en septembre …


jeudi 31 août 2017

L'écureuil du jardin



Le noyer du jardin crie « au voleur ! »
Le noisetier râle à qui mieux mieux, il se fait piller régulièrement.
- Il faut faire quelque chose, dit le noyer.
- C’est chaque année la même chose, se plaint le noisetier.

Le « voleur » c’est Panpan l’écureuil.
Les peupliers, les bouleaux et les pins sont ravis, eux, de le sentir voler de branches en branches et de feuilles en feuilles. Ils retiennent leur souffle quand il se rattrape de justesse et ils respirent d’aise quand la queue en panache, il se pose pour grignoter une noix. Les coques tombent alors sur l’herbe en dessous.

« Au voleur » gémit le noyer.
Panpan éclate de rire, dégringole le long du tronc et court se cacher sur la réserve de bois. Les joues gonflées de son larcin, il regarde de tous côtés et planque parmi les bûches sa réserve pour l’hiver. Puis il détale à toute vitesse et escalade encore son arbre préféré qui ne peut que gémir à nouveau.  S’il le pouvait le noyer hausserait les épaules : ce chenapan l’exaspère en lui piquant ses fruits dont il est si fier. Il aimerait bien au moins une fois, entendre des félicitations pour la récolte qui pourrait rendre heureux l’homme qui le soigne et le regarde avec amour pointer vers le ciel ses branches magnifiques. Au contraire, c’est Panpan qui a droit à sa joie pour ses escalades, ses sauts et ses courses folles. L’homme aime même trouver des coques vides un peu partout semées au gré des envies de ce petit animal. A n’y rien comprendre.

Son compère le noisetier, résigné depuis longtemps, se laisse faire. « Il est tellement mignon cet écureuil roux ! ». Jamais il n’osera avouer qu’il guette son arrivée tous les jours car l’accident est si vite arrivé. La route n’est pas loin et Panpan ne se méfie que de l’homme à pieds, il n’y connaît rien en bolide qui roule à fond sur les routes de campagne.

mercredi 30 août 2017

Le phare solitaire


Toi le phare solitaire
Entouré de ta mer
Tu veilles
Entre ciel et terre
Nuages et coucher de soleil.

Toi le phare solitaire
Les vagues te léchant les flancs
Te tiennent compagnie et tu souris.
Mais si elles deviennent colère
Tu rugis et le bruit devient assourdissant.

Alors de plus belle tu veilles,
Et pour les bateaux perdus
Ta lumière devient merveille.



dimanche 20 août 2017

Pour Joe

5 Novembre 1938 – 20 Août 1980

Ça fait longtemps que t’es parti maintenant,
Ça ne va pas changer le monde, mais Si tu n’existais pas, je fredonnerais quoi moi ?

Peut-être te ballades-tu Aux Champs-Elysées et que les Bip Bip te font sourire, mais tes chansons me manquent.

Dans Les yeux d’Emilie il y a des larmes et Au café des 3 colombes Le p’tit pain au chocolat se lamente.

Tu crois qu’Il faut naître à Monaco et pas dans La luzerne pour se faire Siffler sur la colline ?

Tu es parti Joe, La vie se chante toujours sur un air de Vade Retro et tu as dû l’atteindre l’Amérique depuis le temps.

Aujourd’hui, c’est l’Eté Indien, ça fait 37 ans que tu es parti. Les Dalton, Billy le Bordelais, La bande à Bonnot, Ils sont tous là, L’équipe à Jojo qu’ils disent, et ils te le chantent.

Salut Joe.


samedi 5 août 2017

Le château de sable

Ils en faisaient des allers et retours, pelle et seau à la main, bob sur la tête, pour piocher de l’eau. Accroupis face à face et très concentrés sur leur tâche, ils mouillaient le sable, remplissaient leur seau, le retournaient et tapaient avec leur pelle dessus afin de démouler une merveille de pâté.
Éclats de rire, course dans le sable, cris de joie quand les vagues les éclaboussaient et quand le seau se renversait et arrivait vide devant moi.
Je prenais forme peu à peu, ils étaient fiers de leur œuvre et très heureux. Debout devant elle, ils jaugeaient leur construction : Il faudrait rajouter une tour ici, un chemin là, rechercher des coquillages pour la décoration et repartir au galop vers l’océan chercher de l’eau.
Ils y passaient des heures à creuser avec leurs mains, se mettre dans le trou, vérifier que l’eau arrivait peu à peu, et que je ne risquais rien, car ils espéraient toujours me retrouver le lendemain matin.
Ils ont tout essayé : mettre un petit drapeau en haut de mes tours pour me retrouver ou me reconnaître, me construire très loin de cette eau qui leur grignotait toujours du terrain, faire un énorme trou autour de moi afin que je sois protégé. Rien n’y a fait.
J’ai essayé pourtant de résister. Je savais que le lendemain, mes bâtisseurs arriveraient en courant pour voir si je les attendais, mais petit à petit, les vagues venaient me lécher les pieds et je sentais alors mes fondations fondre, s’effriter, et je m’écroulais désespéré.

Un jour, mes deux compères ont mis tout leur cœur à me construire, je ressentais leur rage dans leurs coups de pelles assénés sur leur seau.  J’étais magnifique avec mes tours, mes créneaux et mes coquillages qui formaient un joli chemin pour arriver au pont levis et je sentais que cette fois j’allais résister. J’avais compris que la marée était plus basse que d’habitude et par chance ils avaient décidé de me construire plus haut sur la plage. 
Quand ils m’ont quitté ce soir-là avec un dernier regard, j’ai eu envie de leur faire un clin d’œil et de leur dire que je les attendrais et déjà j’étais heureux à l’idée d’entendre leurs cris de joie le lendemain. Mais les châteaux de sable ne font pas de clin d’œil et je suis resté bien droit sur mon sable, bien décidé à résister coûte que coûte.
Le soleil s’est couché, et j’ai pu admirer cette merveille car j’étais toujours debout, je ne m’étais pas écroulé comme les soirs précédents. Les derniers promeneurs me contournaient et murmuraient entre eux en me regardant, j’étais fier. L’eau n’était pas arrivée jusqu’à moi, il était temps je crois mais cette fois-ci le ciel était avec moi. Je me préparais à passer ma première nuit sur la plage et à me laisser bercer par le bruit incessant des vagues. J’étais heureux.

Le soleil s’est levé, j’ai cligné des yeux, me suis regardé. J’étais toujours debout rien n’avait bougé. Ravi, j’ai attendu.
Ils ne sont jamais venus, les vacances étaient terminées.


vendredi 4 août 2017

C'est au mois d'Août

Août !
Quatre lettres pour te définir, c’est peu et beaucoup à la fois !

A h quand même !
O hé me voilà !
U n  joli mois
T out bronzé on est !

J’oubliais le chapeau … Sur la tête pour se protéger du soleil pardi !

Quatre lettres rien que pour toi.
- Je suis triste…
- Pourquoi ?
- Je suis le mois juste avant la rentrée…
- En voilà une idée, il ne faut surtout pas y penser, le mois qui te suit, je m’en occupe après, toi tu es Août, alors je parle de toi.
- Vas-y, comment tu me trouves ?
- Chaud, ça fait du bien !
- Oui, mais pas partout !
- Tu arrêtes de faire le rabat joie ? Août, par définition, il fait beau, chaud et… orageux, oui je sais, avec ce 15 dont on dit toujours qu’après, ça sent la rentrée…
- Ah tu vois, toi aussi, tu en parles !
- Mais je ne suis pas d’accord ! Oui c’est vrai les journées raccourcissent mais on profite toujours autant des belles soirées, ça sent toujours aussi bon l’herbe coupée, le foin, et on peut s’enivrer de melons, pastèques, tomates, courgettes, nectarines et pêches !
- Tu me fais rire, on dirait que tu fais ton marché …
- Eh, c’est grâce à ton mois qu’on peut les manger, pendant l’année ce n’est pas pareil. Pense à tous ceux qui t’ont attendu toute l’année, il y en a quand même beaucoup qui t’aiment, ceux sont les aoûtiens ! Moi, je t’aime.  Et les chansons ? Paris au mois d’août ça te parle ? Et tu sais bien que c’est au mois d’août qu’on fait les fous !
 - Merci
- Ah quand même !


dimanche 30 juillet 2017

Coucher de soleil

Comme chaque soir
L’océan l’attend.
Il n’est pas impatient,
Il sait qu’il va le voir.

Caché dans les nuages
Le soleil joue à cache-cache.
Il arrive au bout du voyage,
Il le sait, mais encore il se cache.

L’océan l’appelle,
Ses vagues se font belles
Pour cette étoile exceptionnelle
Qu’est le Soleil !

Il amorce alors sa descente,
Doucement, tout doucement,
L’océan patiente,
Et se fait accueillant.

Puis comme chaque soir
Depuis la nuit des temps,
Vient le noir,
Enfin réunis, Soleil et Océan.