jeudi 2 novembre 2017

Novembre sous la couette

Ce n’est pas ta faute si ce n’est pas la fête !
Novembre, tu as une mauvaise tête !
Gris et pluvieux,
Tu nous rends grincheux !
On n’a qu’une envie mon vieux,
Rester sous la couette !

À fleurir les tombes
De nos anciens
Avec des couronnes en ronde
On a le cœur chagrin !

Fêtons l’armistice
Sans artifice,
Fleurissons nos monuments
Rappelons-nous c’est important !

Patronne des musiciens
Musique Maestro
Sainte Cécile nous fait du bien
En novembre c’est cadeau !
Arrive Sainte Catherine,
Et ses beaux chapeaux
Pour les copines
Qui cherchent leur hidalgo !

Tout arbre prend racine,
Perdons notre humeur chagrine
Préparons le printemps,
Novembre c’est le moment !

Finalement Novembre
Ce n’est pas ta faute
Si à cause du froid on tremble
Tu as quand même un peu la cote !

Mois d’avant noël
Mais oui la vie est belle !
Quittons la couette
Et faisons la fête !


mardi 31 octobre 2017

Patouille, la citrouille

Voilà ça recommence !
Cette fois pas pour une romance !

C’est moi Patouille la citrouille
Ronde, à la peau douce et orange,
Avec une bonne bouille
Et belle comme un ange
À ce qu’il paraît !
Ange ? Aujourd’hui, ce n’est pas d’actualité !

Déjà, il y a longtemps,
Jusqu’à minuit j’étais devenue
Carrosse, pour un prince charmant.
J’ai fini écrasée à demie-nue !

Aujourd’hui c’est en lanterne
Vidée, creusée et décorée
Avec des bougies allumées
Et un sourire en berne
Que je vais être exposée !

Pour la nuit de l’horreur
Moi Patouille, je dois faire peur
Alors que défilent les heures
Rien qu’à me voir, j’ai peur !

Nuit d’Halloween
C’est quoi cette histoire ?
J’ai la trouille dans le noir
Pas vrai que je pleure, il bruine !

Moi c’est Patouille la petite citrouille
Laissez-moi tranquille
Avec vos jeux débiles.
Laissez-moi ma bonne bouille
À la peau douce et orange,
Moi je veux être un ange,
Vos idées d’horreur me dérangent !


vendredi 20 octobre 2017

Léon et Oscar, vous êtes ici !

Léon et Oscar, deux lascars de cinq ans et demie, copains depuis la maternelle, voisins de surcroit et ayant déjà fait pas mal de bêtises ensemble, ont fait leur entrée en maternelle et sont fiers de savoir lire ou à peu près.
En promenade avec leurs parents respectifs, ils s’amusent à déchiffrer les panneaux d’affichage, de signalisation et d’affiches diverses.
Léon, le premier arrivé devant l’un d’eux, s’arrêta tout excité et cria à son compère qui arrivait les joues cramoisies et essoufflé :
- Tu as vu, le panneau, il est super intelligent, il sait qu’on est là !
- Pourquoi ? Oscar reprenait son souffle.
- C’est écrit : « Vous…êtes.. ici !
Léon déchiffrait mot à mot et il était fier de lire la phrase en entier :
- Vous êtes ici !
Oscar ne comprend pas comment un panneau peut savoir qu’il est là : il le contourne, s’accroupit, le touche, et repart en courant vers ses parents qui s’étaient attardés.
- Papa, maman, le panneau, il est drôlement fort, il sait qu’on est là !
- Ce n’est pas la peine de hurler Oscar, commente papa en souriant, mais voyons voir ce panneau !
- Viens vite !
Oscar attrape la main de son père et l’entraîne.
- Ne cours pas si vite, il ne va pas s’envoler ton panneau !
Maman préfère rester sur place avec les parents de Léon.
Celui-ci est campé devant le panneau.
- Vous êtes ici !
- C’est vrai que vous êtes ici, dit papa, parfait.
- Comment il le sait ?
- Mystère ! Papa fait un clin d’œil à son fils, allez les garçons, on continue ?
Et les voilà repartis gambadant de plus belle. Papa attend les retardataires surveillant du coin de l’œil les deux gamins.

 - Regarde un autre !
Oscar et Léon n’en reviennent pas.
« Vous êtes ici » les nargue à nouveau.
- On est suivi ! c’est sûr !
Et les voilà qui se retournent inquiets :
- Personne ! Tu sais quoi, Léon, tu vas retourner à l’autre panneau, dis-moi ce qui est écrit.
Le voilà qui détale, dépasse ses parents interloqués, se plante devant le panneau :
 - Vous êtes ici ! hurle Léon.
Oscar le rejoint :
- On va demander à papa et maman si sur l’autre panneau, c’est encore écrit.
Ils repartent en sens inverse, interrompant les adultes en grande conversation :
- Dis papa, tu veux pas aller voir sur le panneau là-bas, si c’est écrit « vous êtes ici » et…
- Léon, combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas nous interrompre !
- Mais c’est important, vite, il faut que tu ailles voir le panneau !
Les parents des deux compères se regardent en riant et acceptent de jouer le jeu, ils allongent le pas et se retrouvent devant un panneau qui indique « vous êtes ici ».
Léon et Oscar plus loin, leur font de grands signes, et hurlent à qui mieux mieux :
- Nous aussi, c’est écrit « vous êtes ici » !
  
- Vous allez vous casser la voix à crier comme ça !
Un vieux monsieur appuyé sur sa canne, les regarde sourcils froncés.
- Bien sûr que « vous êtes ici » vous faites assez de bruit pour qu’on s’en rende compte vous avez même affolé mon chien !
Les deux petits ne sont pas rassurés, mais Oscar plus bravache que son copain relève le menton :
- Et comment qu’il peut le savoir le panneau qu’on est là ?
- Parce que je lui ai dit !
Le papy toujours appuyé sur sa canne, les regarde dans les yeux. Mais Oscar imperturbable continue :
- Ah oui, et l’autre panneau aussi, il le sait, tu lui as dit aussi ?
C’est à ce moment-là que leurs parents les rejoignent et s’excusent auprès de l’inconnu du bavardage des deux garçonnets.
- Vous devriez leur expliquer quand même !
- Quoi donc monsieur ? demande le papa d’Oscar
- Que c’est moi qui renseigne les panneaux.
- Pardon ?
- Oui, dit Oscar, c’est le monsieur tu vois, qui dit aux panneaux « vous êtes ici », c’est gentil quand même, comme ça on n’est pas perdu ! Toi qui dis toujours de faire attention de ne pas se perdre, ben tu vois, le monsieur lui, il le dit au panneau.
Les parents sourient avec indulgence, se demandant déjà, comment ils allaient expliquer à leurs garnements, que ce n’était pas tout à fait vrai cette histoire, mais Léon plus pragmatique demande :

- Dis, tu fais comment avec ta canne, pour aller assez vite pour le dire aux panneaux ?



mardi 17 octobre 2017

L'endormie du livre

Elle s’est lovée
Dans son livre préféré.
Enveloppée par la mélopée
De ces mots murmurés
Elle s’est endormie.

Dans le ciel
Avec elle
Le livre s’est envolé.
La nuée s’en est mêlé
Et la belle endormie a emportée.


dimanche 15 octobre 2017

Le papillon et l'enfant


Le papillon est magnifique. Il sait que tu l’as voulu ainsi, avec de grandes ailes pour qu’il puisse s’envoler loin, très loin, et de couleur rose et bleu, pour que tu puisses le reconnaître parmi tous les papillons, toi seule.
Je te revois assise à la table de la cuisine, les crayons éparpillés sur la nappe, et toi tellement appliquée avec ton petit bout de langue qui dépassait …
Le papillon prend forme sur le papier. Il te parle et tu lui demandes s’il aime ses jolies ailes pour qu’il puisse voler loin, tu lui souris et lui susurre qu’il faudra qu’il revienne pour te raconter ses voyages, parce que toi, tu ne peux pas partir comme lui, tu n’as pas d’ailes. Tu aimerais bien l’accompagner pourtant pour voir d’en haut comment c’est.
Je suis là, assise, et la fenêtre est ouverte. Il arrive, ce papillon rose et bleu, créé il y a bien longtemps. Il se pose sur ma main.
Je le regarde et regarde l’enfant que j’étais et je souris à la petite fille qui rêvait au papillon qui volerait loin et qui reviendrait un jour lui raconter ses voyages.
« Bonjour toi ! alors c’était bien depuis le temps que tu es parti ? tu as bien voyagé ? tu en as mis du temps pour venir me raconter ! »

dimanche 8 octobre 2017

Max et Pilou

C’est la fête chez Pilou ce week-end. Elle ramène Max à la maison.
Papa et maman se sont inquiétés :
- Il ne va pas salir au moins ?
Éclats de rire de Pilou.
- T’inquiète pas !
- Tu vas t’en occuper hein Pilou ?
- Mais oui et puis je l’emmènerai avec moi partout !
Papa et maman haussent les sourcils :
- L’emmener ?
- Ben oui, faire les courses et patati patata.
Maman interroge papa :
- C’est qui Max ?
Papa hausse les épaules :
- On verra bien !
Vendredi soir, Pilou toute fière tend Max à son papa :
- Tu lui dis bonjour ?
Papa est rassuré, Max la mascotte de la classe est une peluche bien sympathique.
- Allez viens Max !
Papa a compris que Max allait vivre avec eux et participer à la vie de la famille : déjeuner à table, prise en photo, faire les courses. Max, il ne faut pas qu’il s’ennuie, hein ?

- Il en prend de la place ce Max !
Pilou, assise dans sa chambre sur son lit, lève la tête.
- Qui a parlé ?
- Moi.
Pilou se retourne et cherche papa ou maman. Personne. Pilou est grande, elle a trois ans et demie quand même, elle ne va pas faire la trouillarde et puis si elle se fait disputer... Alors, elle répète :
- Qui parle ?
Une tête bien connue de la petite fille apparaît :

- Moi !
Pilou n’en croit pas ses yeux, Rufus, son Rufus, son doudou adoré, parle !
- Mais… tu parles ?
Le loup doudou à la tête toute fripée la regarde de ses yeux plein de larmes.
- Mais… tu pleures ?
Pilou est toute triste. D’habitude, c’est lui qui la console, c’est lui qui la rassure, c’est lui qui lui fait le petit bruit familier à ses oreilles qu’elle seule entend. Elle n’ose pas appeler ses parents.
- Tu ne m’aimes plus !
Pilou ne comprend pas.
- Si je t’aime fort fort fort. Pilou prend alors Rufus dans ses bras, le cajole, lui chatouille ses oreilles, il en ronronne de plaisir. Si, un loup ça ronronne, surtout un loup comme Rufus.

- Et moi ?
Allons bon, encore quelqu’un qui parle ? Pilou regarde son loup qui hausse les épaules :
- C’est lui !
Lui, c’est Max.
- Tu sais Max, dit Pilou, Rufus, c’est mon doudou. Toi, tu es la mascotte de la classe, je dois te garder pour pas que tu sois tout seul à l’école, mais …
- Pas de problème, on peut jouer à trois.
- Tu es d’accord Rufus ?

jeudi 5 octobre 2017

Sur la plage, abandonnée...

Cabane abandonnée
Par les vacanciers…
Seules, les herbes folles
Mènent la farandole
Avec le sable qui s’envole.

Quel dommage !
Je suis seule et sage…
Personne sur la plage
Seul gronde un ciel d’orage !

Plus de cris de joie,
Plus de rires aux éclats,
Plus de ballons qui roulent,
Seul le bruit de la houle …

Sur la plage, abandonnée…


dimanche 1 octobre 2017

Octobre, le sobre !

Quand tu arrives Octobre,
L’automne a déjà enfilé sa robe.
Alors prends ton temps !
Car tu annonces celui des mois suivants.

S’il-te-plait, encore un peu de soleil
Pour ne pas craindre le brutal réveil !
Car si tu n’as pas de manteau,
Tu devras t’en trouver un bientôt !

Si tu nous entoures de brumes,
Bonjour les rhumes !
Si tu es en bruine,
L’hiver est en ruine !


Octobre fête les grands-pères !
Et on l’espère,
À sa fin dans la cuve sera le raisin !
Alors Halloween ne sera pas loin
Gare aux sorcières en brodequins !

mercredi 27 septembre 2017

Lulu et la cueillette des champignons

Quand Lulu ouvre le yeux ce matin-là, il est tout excité.
C’est aujourd’hui qu’il va faire la cueillette des champignons avec son grand-père. Au début, Lulu croyait qu’il allait ramasser des pommes, parce qu’il avait bien regardé son livre Gaston le hérisson, il le connaissait par cœur ce livre, c’était son préféré, et Gaston avait un panier plein de pommes.
Mais Papy avait décrété que c’était la saison des cèpes et qu’il fallait réapprovisionner la réserve de Mamy. Lulu n’y connait rien en champignons encore moins en cèpes mais fort de son savoir grâce à Gaston, il est plein d’espoir pour remplir son panier presqu’aussi grand que lui.
Après un solide petit déjeuner (lait au chocolat et deux tartines de confiture), Papy a dit qu’il fallait prendre des forces parce qu’il allait beaucoup marcher, il met ses bottes, son bonnet sur la tête, son manteau à capuche parce qu’il fait frais dans la forêt (il en sait des choses Papy), il donne la main à son grand-père, un bisou à sa grand-mère et tout guilleret il attend le top départ, il est prêt.

C’est le silence dans les bois qui l’impressionne tout d’abord. Bien sûr, de temps en temps il entend un oiseau qui chante. En plus Papy donne le nom de l’oiseau. Impressionné, Lulu ne pipe mot. Comment il peut savoir Papy que c’est le rougequeue noir qui émet ce chant ? Il lui a demandé ses papiers ?  Il en reste baba Lulu. Et le parfum, il respire à pleins poumons Lulu, ça sent bon dans la forêt !
- Tu as perdu ta langue ?
Lulu sursaute pris en flagrant délit de rêvasseries. Son grand-père le regarde en souriant. Il tient un bâton à la main, et délicatement il soulève les feuilles et le miracle surgit devant les yeux ébahis de son petit-fils.
- Regarde !
Lulu aperçoit un chapeau de couleur marron clair. Il demande :
- C’est quoi ?
- Un champignon pardi ! Eh Lulu réveille-toi, on est là pourquoi ? Tiens donne-moi le panier et regarde bien comment je vais faire pour le ramasser.
Lulu regarde son papy qui sort son couteau de sa poche et coupe la queue du champignon délicatement, l’époussette avec son mouchoir et le range au fond du panier.
- Le premier d’une grande cueillette j’espère ! se réjouit Papy.
Lulu ne dit rien. Il regarde le champignon et essaie désespérément de se rappeler si Gaston le Hérisson en avait trouvé de pareils, mais il a beau chercher dans sa mémoire, ils n’étaient pas de cette couleur, ils étaient rouges à pois blancs et bien plus grands que celui-là. Le voilà bien ! Et si son grand-père se trompait. Malheur ! Lulu a entendu des choses horribles sur les champignons venimeux qui peuvent faire mourir, c’est comme les vipères c’est dangereux, mais il n’ose pas le dire à son papy qui sait tellement de choses, il va le vexer c’est sûr ! Il reste planté Lulu, et ses yeux se remplissent de larmes.
Son grand-père ne se rend compte de rien, il avance doucement et petit à petit son panier se remplit. On dirait qu’ils poussent devant lui. Lulu n’en revient pas, c’est la catastrophe. Et sa grand-mère qui va en faire des conserves, on va tous mourir c’est sûr ! Lulu sent déjà son ventre se serrer. Pourtant il ne l’a pas touché, non, car il sait aussi qu’on peut devenir tout bleu si on est empoisonné. Il court après son papy et essaie de regarder ses mains. Il a l’air en pleine forme et il siffle en plus, fier de lui.
- Ecoute Lulu, la fauvette ! oh regarde, un rouge-gorge, ne fais pas de bruit !
Lulu ne comprend pas comment son grand-père qui reconnaît tous les oiseaux, ne sait pas qu’il est train de ramasser des champignons empoisonnés.
Lulu réfléchit et il a trouvé : il va détourner l’attention de son papy, et il renversera le panier. Il va se faire disputer mais tant pis, c’est toujours mieux que de tous mourir !
- Dis Papy, comment tu sais tous les noms des oiseaux ?
- J’ai appris avec mon papa quand j’étais petit ! Comme toi, je le suivais dans les bois… mais fais attention Lulu, tu vas renverser le panier. Quel maladroit ! Son grand-père se baissa pour ramasser les champignons, mais Lulu plus rapide que lui, donna un coup de pied dedans et pire, se mit à écraser les belles têtes à la couleur marron clair !
- Sacrebleu ! tonna son grand-père, il devint rouge de colère. Il attrapa le bras de son petit-fils pour le retenir.
- Je ne veux pas que tu meures, criait Lulu. De grosses larmes à présent coulaient sur ses joues et les bras ballants, il restait devant son papy qui le regardait d’un air furieux. Toute la récolte était fichue, c’était malin, lui qui se vantait toujours devant ses copains de connaître les meilleurs endroits, il allait rentrer les mains vides. Mais le cri de son petit-fils et ses larmes qui n’arrêtaient pas de couler l'interpelèrent :
- Viens ici Lulu, viens t’asseoir sur mes genoux, et raconte-moi. Lulu s’approcha de son papy qui faisait de la place sur une souche d’arbre.
- C’est dans mon livre … hoquetait le petit garçon.
- Qu’est-ce qu’il y a dans ton livre ?
- C’est Gaston…
Papy était perdu. Qui était Gaston ?
- Tu sais bien Gaston le hérisson, reprenait Lulu
- Ah oui ! Il fit celui qui comprenait, il ne voulait pas passer pour un nul aux yeux de son petit-fils.
- Ben, ses champignons sont rouges à pois blanc et plus grands que les tiens. Toi, c’est des venimeux.
- Vénéneux Lulu, on dit vénéneux
- C’est pareil ! toi, tu vas empoisonner Mamy et papa maman, et toi, et moi je ne veux pas qu’on meure tous et qu’on devienne tout bleu … et Lulu se remit à pleurer plus fort.
Papy se retint de rire. Ah il aurait dû savoir que Lulu allait se documenter avant de venir avec lui mais avec ses livres à lui !
- Bon. Je te remercie Lulu de m’avoir évité de passer l’arme à gauche. Il faudra quand même que tu me fasses rencontrer ton Gaston.
- Vrai, tu n’es pas fâché ?  Lulu reprenait du poil de la bête, il redressait la tête. Je ne savais pas comment te le dire, toi qui sais tout Papy, quand même, t’allais faire une grosse bêtise, heureusement que j’étais là. Tu as rudement bien fait de m’emmener, hein ? Ah et Gaston ? ben tu ne peux pas le rencontrer, c’est dans mon livre. Tu sais pas tout en fait, Papy, mais c’est pas grave, je vais t’apprendre.

- Dis Papy, ça veut dire quoi, passer l’arme à gauche ?


vendredi 15 septembre 2017

Il faut toujours viser la lune

Il faut toujours viser la lune
Car même en cas d’échec
On atterrit dans les étoiles
(Oscar WILDE)

Jules, comme chaque soir après l’école, lunettes sur le nez regardait l’immeuble d’en face. Il réfléchissait. Comment faire pour qu’elle le remarque.
Elle, c’est Clémentine, la petite brune avec ses couettes qui volent dans tous les sens et qui lui met le cœur à l’envers.

- Tu veux que je t’aide ?
Jules sursauta. Il était seul dans sa chambre.
- C’est moi qui te parle.
- Qui ?
- Moi la lune, là dans le ciel, devant toi. Je suis pourtant pleine ce soir, tu n’arrêtes pas de me regarder !
- Heu non ! je regardais l’imm…
- Ta ta ta, c’est moi que tu regardais.
Jules gronda :
- Je te dis que non ! Je regarde la fenêtre de Clémentine.
- Pfft… de toute façon tu ne l’intéresses pas !
- Comment tu le sais d’abord ?
- Trop petit !
- Pas vrai ! regarde, je peux presque te toucher.
Debout sur le rebord, il levait les bras pour toucher la belle boule jaune, il vacillait.

- Attention Jules, tu vas tomber !
Une petite brunette affolée, faisait des grands gestes à la fenêtre d’en face.

Jules se rattrapa de justesse et maugréa :
- J’ai l’air malin !
- Il n’empêche qu’elle t’a repéré. Tu pourrais me remercier, et la prochaine fois que tu ne sais pas comment faire pense à viser la lune ….


Jules sourit, des étoiles plein les yeux. Clémentine ouvrait elle aussi sa fenêtre, elle était vraiment trop belle avec ses couettes….

Rendez-vous


Je remercie l'Atelier SIPLUME pour ses idées d'écriture.

Soleil traversant
Sa robe
Et elle le sait.
(Robert GRAY)

Comme chaque soir, elle le retrouve.
Le soleil traversant sa robe et elle le sait.
Elle danse avec lui, il danse avec elle.
Elle lui tend les bras, il l’enveloppe de ses rayons.

Le soleil traversant sa robe et elle le sait.
Tel un papillon qui prend son envol 
Au risque de se brûler les ailes,
Elle se rapproche de lui et sa robe s’ouvre en corolle.

Le soleil traversant sa robe et elle le sait.
Comme chaque soir, ils ne font plus qu’un !



jeudi 14 septembre 2017

Oh les jolis crayons !

Oh ! des crayons
Pour faire des dessins c’est mignon,
Et écrire des mots en chanson !

Et ron et ron petit patapon
Des crayons pour faire des ronds,
En bois pourquoi pas ?
C’est sympa !
Gomme au bout,
Pour les p’tits bouts !

Air de vacances
Ils portent chance !
Les coquillages collés
Ramenés de l’été.

Plus chic
Nœud papillon au col
Mais le hic,
C’est pour l’école !


lundi 4 septembre 2017

Hey Oh ! Hey Oh ! On repart au boulot


Hey oh ! Hey Oh !
On repart au boulot !

Avec un nouveau sac à dos
Des habits tout beaux.
Les petits ont le cœur gros
Les grands arrivent en moto.
Ce n’est pas du mélo !

Idées nouvelles plein la tête,
Reprendre la bicyclette,
Ne pas rester sur la banquette,
On n’est pas des mauviettes !
Faire du sport ça se fête !

C’est la rentrée,
Au-revoir l’été.
Oui, ce n’est pas gagné
Mais on a toute l’année.


dimanche 3 septembre 2017

La maison de vacances


J’adore les vacances ! Je n’ai pas à me plaindre, moi je vis toute l’année, un peu au ralenti c’est vrai quand ils ne sont que tous les deux, mais moi au moins je vis.

Ce n’est pas comme certaines de mes copines qui restent fermées dix mois par an et vivent à fond pendant les deux mois d’été. Franchement, je les plains. Volets fermés, poussière qui s’invite et s’infiltre partout tellement qu’elles ne respirent plus les pauvres ! Les pires sont celles en bord de mer : pas de soleil, pas de bruit de vagues même si elles tendent l’oreille et celles qui ont déjà pas mal d’années dans leur pierre, je ne vous dis pas comme ça craque quand les volets claquent et que des cris se mettent à résonner partout. Ah, elles se rebiffent les copines et font bien comprendre qu’elles méritent un peu de respect par une tuyauterie qui crache ou une fenêtre qui grince ou qui se bloque à l’ouverture. Et l’odeur ! ça, elles ne se privent pas de leur en envoyer plein le nez. Leur copain Monsieur le Renfermé, il est partout et accepte de disparaître qu’après bien des courants d’air qui le font éternuer d’ailleurs, mais c’est une autre histoire.

Non, moi ça va, je vis. Réveil au chant du coq, je suis à la campagne.
Mon jardin, c’est Lui qui s’en occupe : fleurs, légumes, arbres, ça coupe, ça sème, ça bêche !
Elle, c’est la cuisine. Mes murs embaument toute l’année. J’adore ! L’hiver, plats mijotés ; l’été, confitures, ratatouille. Ah je respire moi, à pleins poumons, quand Elle m’aère, quand Elle m’aspire ou qu’Elle m’époussette. Mes murs résonnent de musique, de chansons. Je suis au courant de tout ce qui se passe, Lui est fan d’internet. D’ailleurs ça me fait un peu peur ce truc, car à cause de lui j’ai toujours peur qu’Il m’abandonne. Je sais bien qu’ils m’aiment, depuis le temps, mais j’en ai vu plein de mes copines qui se sont retrouvées vidées et réaménagées complètement différemment et en un temps record en plus. Mon ami, le château, lui c’est pire : trop grand et trop difficile à chauffer, il a été transformé et on paie pour venir chez lui. Ah il est fier le bougre. « Chambre d’hôtes et table d’hôtes » qu’il faut l’appeler maintenant. Tu parles ! il est toujours le même, mon ami, avec sa porte qui grince et sa troisième marche qui craque ! Personne n’a réussi à réparer, nous en avons toujours bien rigolé !

Je n’ai pas été transformée moi, quelques travaux par ci par là : mes peintures à neuf, mes volets électriques. Ah, la cabane d’à côté, elle n’en est pas encore revenue quand tous mes volets se sont ouverts d’un seul coup en même temps. J’ai même cru qu’elle allait en perdre sa porte déjà mal en point. C’est vrai que le matin, c’était un jeu entre nous : la première qui avait tous ses volets ouverts. Je perdais régulièrement, elle n’en a que deux, moi avec toutes mes portes fenêtres, j’arrivais bonne dernière. Alors le jour où tout s‘est ouvert en même temps, elle m’a fait la tête pendant deux jours et a gardé ses volets fermés.

Moi je vis ! Quand les enfants arrivent, alors là, branle-bas de combat. Au moins une semaine avant, conciliabules entre Lui et Elle, pour pouvoir accueillir tout ce petit monde. Elle chante, Elle rouspète aussi, et Lui, il maugrée dans sa barbe et c’est là, que j’ai peur ! je sais bien que je suis un peu trop petite, alors j’essaie de m’étirer au maximum pour que tout le monde puisse s’installer. Elle arrive toujours à caser un petit par ici, et une petite par là.
La nuit, ma charpente en craque tellement je fais tout ce que je peux pour être une grande. Mais j’ai peur !
Il faut que je me renseigne auprès de mes copains Le Bungalow et le Mobil Home. Ce serait une bonne idée de les inviter. J’aurais de la place en plus.

Jamais je ne pourrais partager mes arbres avec quelqu’un d’autre qu’Elle. D’ailleurs, ils font les beaux mes arbres. Elle est toujours en admiration devant eux, surtout depuis qu’ils abritent palombes et écureuils.
Ah et mon ciel ! Oui je sais, ce n’est pas mon ciel à moi, mais j’en suis amoureuse, et pas lui. Il appartient à tout le monde qu’il dit, il veut bien partager et me donner « Un petit bout de ciel mais c’est tout ! » Il ne comprend pas que je l’aime quand il est dégagé et que je vois loin, pas quand j’en vois qu’un petit bout. Elle aussi, je crois qu’Elle l’aime. Le soir, avec Lui et les petits, ils s’allongent et le regarde. Là, ce chenapan, fait son beau, avec ses étoiles qui filent…

Je ne suis qu’une maison, avec un toit, une porte et des fenêtres. Pourtant j’ai une âme. Entendez-vous mon cœur battre ?